Les expériences biologiques à grande échelle produisent désormais bien plus de résultats qu’une équipe humaine ne peut en examiner de façon exhaustive. La collaboration d’OpenAI avec PerturbAI et Scripps Research s’est appuyée sur un atlas CRISPR du cerveau entier de souris pour montrer une autre voie : des milliers d’agents GPT‑Rosalind légers, exécutés en parallèle et chargés chacun d’analyser une perturbation précise. Mis bout à bout, leurs rapports ont formé un atlas de raisonnement reliant les gènes aux réponses cellulaires, à la littérature pertinente et à des hypothèses mécanistiques — le tout en un temps qui aurait autrement nécessité des mois d’analyse manuelle.
Le choix technique de répartir les tâches entre de nombreux agents spécialisés est au cœur du résultat. Au lieu de confier à un seul processus généraliste l’analyse séquentielle de centaines, voire de milliers de perturbations, le système a réparti la charge afin que chaque agent puisse examiner en profondeur les signatures cellulaires d’un seul gène et les mettre en regard des publications scientifiques du domaine. Ce traitement parallèle a permis d’élargir la couverture — en analysant davantage de perturbations — et d’approfondir chaque analyse — en citant davantage de publications par perturbation. Il en est résulté un réseau d’explications possibles que des experts humains ont ensuite jugées à la fois nouvelles et exploitables lors d’évaluations à l’aveugle.
Point essentiel : les agents n’ont pas produit de découvertes validées. Ils ont généré des hypothèses hiérarchisées, étayées par la littérature, ainsi que des liens méritant un suivi expérimental. Parmi les pistes repérées par le système figuraient les effets différenciés de Tsc1 et Tsc2 sur les neurones du cervelet, ainsi qu’un lien potentiel entre le métabolisme intracellulaire du cholestérol et la neurodégénérescence associé aux perturbations de Dctn1. Ces pistes montrent comment des essaims d’agents peuvent accélérer le passage de vastes jeux de données à des expériences concrètes en laboratoire, sans toutefois remplacer la validation expérimentale ciblée ni l’étude des mécanismes en jeu.


